La mission internationale de médiation attendue depuis plus de deux semaines par les autorités comoriennes s'est rendue à Anjouan mercredi 27 février afin de discuter avec le président autoproclamé de l'île Mohamed Bacar. Il s'agissait, selon l'Union africaine, de l'ultime tentative - celle de 'la dernière chance'.
Composée des représentants de l’Union africaine (UA), de la Ligue des Etats arabes, de l’Afrique du Sud, de la France et des Etats-Unis, la délégation a rencontré durant trois heures M. Bacar avant de revenir à Moroni en fin d'après-midi, semble-t-il bredouille. Selon des sources officielles, le colonel Bacar serait resté intransigeant, et aurait préféré camper sur ses positions, en rejetant en bloc les nouvelles propositions de la communauté internationale (quitter le pouvoir et faire sa reddition, accepter l'exil ou s'exposer à une attaque et une arrestation) et permettre ainsi la tenue rapide d’une nouvelle élection présidentielle dans l’île. Cette information relayée par l'agence de presse HZK nous a été confirmée en fin de soirée par un fonctionnaire du ministère des Relations étrangères.
A son retour à Moroni, la mission a été reçue dans la soirée par le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi, à qui un compte-rendu de la rencontre a été détaillé. Selon un communiqué de la présidence, la délégation "a fait état du refus catégorique du Chef de la rébellion de se soumettre aux conditions de la communauté internationale et de l’échec de sa mission de dernière médiation". Toujours selon le communiqué, Francisco Madeira, envoyé spéciale de l'UA aux Comores, "a déclaré que la communauté internationale a tenu à redire à Mohamed Bacar d’accepter les conditions de l’UA et d’épargner la population anjouanaise des conséquences de son entêtement. Il a ajouté qu’après le refus de Bacar, il n’y a plus de négociation avec lui et que ce dernier doit s’attendre au débarquement militaire des troupes de l’AND et du contingent de l’UA qui ne tardera pas à arriver à Moroni." A leur sortie, M. Madeira a indiqué que "tout sera fait pour éviter et minimiser les dégâts, les souffrances et les effets collatéraux" du débarquement. Il a également affirmé à la presse : "Soyez assurés que l’Ile d’Anjouan sera libérée." Le représentant de la Ligue des Etats arabes a lui affirmé à sa sortie de Beit-Salam le soutien de son organisation à la décision de l’Union africaine. "Nous avons offert à Mohamed Bacar deux possibilités pour une issue pacifique à la crise, mais il n’a pas entendu notre message. A présent la machine est marche et l’UA a entamé les préparatifs de cette opération". De son côté, le ministre comorien des Relations Extérieures, présent à la rencontre du Chef de l’Etat avec cette délégation, a précisé à la presse qu’en agissant de la sorte, "Mohamed Bacar a définitivement mis fin au dialogue."
Si la position de Bacar –dont nous n'avons pu avoir la version à cause de l'impossibilité d'appeler à Anjouan depuis la coupure de la ligne téléphonique fin janvier- n'évolue pas dans les prochaines heures, il s'expose à une offensive conjointe menée par l'Armée nationale de développement (AND) et des soldats issus de divers pays africains –en grande partie tanzaniens. Lundi, lors de son passage à Moroni, le ministre tanzanien des Affaires étrangères avait, au nom de l'UA, clairement signifié les termes de l'"ultimatum", en laissant aux autorités illégales d’Anjouan le choix entre la reddition aux forces de l’Union Africaine ou la résistance à l’assaut. Une option qui exposera l’ex-chef de l’exécutif d’Anjouan à sa capture et à sa traduction devant un tribunal pour crime de guerre, avait ajouté Bernard Kamillius Membe (lire article sur ce sujet).
Quatre pays de l'UA ont déjà promis un appui en troupes et logistiques (Sénégal, Tanzanie, Soudan et Libye). La France a pour sa part manifesté sa disponibilité à assurer leur acheminement vers l’archipel. Les préparatifs d’un débarquement militaire semblent par ailleurs "très avancés", selon le chef d’état-major de l'AND cité par HZK-presse.
article de hzk repris par kashkazi