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Analyse,description et enjeux de la crise politique comorienne une actualité libre et indépendante
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Blog Politique
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16.01.2008
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changement de site

Posté le 15.03.2008 par habari
chers amis
Dans l'optique de mieux vous renseigner , avec la possibilité de pouvoir écouter ou visualiser sur le blog des messages audiovisuels , nous avons donc décidé de changer de site:
Voici notre l'adresse de notre nouveau site :
http://habari.over-blog.net/

Bien entendu le contenu éditorial reste le même

équipe habari

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Posté le 15.03.2008 par habari
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équipe habari

"Bacar est allé trop loin...c'est un peu tard"

Posté le 15.03.2008 par habari
« Toutes les voies du dialogue ont été explorées (...) Bacar est allé trop loin. C'est lui qui sera tenu responsable des conséquences humaines et matérielles d'une intervention militaire », a déclaré ce samedi sur RFI le ministre comorien des Relations extérieures et de la Coopération, Ahmed Ben Saïd Jaffar.

Bacar attend de pied ferme l'intervention militaire de l'UA

Posté le 15.03.2008 par habari
Les troupes de l'Union africaine venant de Tanzanie, du Sénégal, du Soudan et de Libye, qui vont participer à l'opération militaire contre les dirigeants de l'île autonome d'Anjouan, seront arrivées dans l'archipel d'ici demain dimanche. « Nous allons reprendre le contrôle de l'île d'Anjouan. Mohamed Bacar, s'il résiste ou essaye de répondre, ne nous échappera pas. Si on met la main sur lui, il sera jugé comme criminel de guerre », affirme José Francisco Madeira, l'envoyé spécial de l'Union africaine aux Comores. Notre envoyé spécial à Anjouan Nicolas Champeaux a rencontré Mohamed Bacar, qui s'en prend violemment à l'UA.

Mohamed Bacar prend un malin plaisir à tourner en dérision le quatuor de pays membres de l'Union africaine prêts à participer à un débarquement militaire sur Anjouan. « Nous n'avons aucune leçon de démocratie à recevoir de la Libye et du Soudan », déclare t-il, avant de suggérer : « si le Soudan envoie des troupes ici, c'est aussi peut-être parce qu'il souhaite que l'on parle moins du Darfour. »
Bacar remet aussi en question l'unité de l'UA sur le dossier comorien. Il est vrai que la Tanzanie, qui assure la présidence en exercice de l'Union, est passée outre les réserves du poids lourd, Pretoria, quant à une intervention militaire. Le président sud africain Thabo Mbeki a déclaré cette semaine que « les voies diplomatiques n'avaient pas été épuisées » mais le président de l'archipel comorien, Ahmed Sambi a convaincu un noyau solide de pays qu'il n'était pas convenable de négocier avec un président illégitime.
Selon Bacar, c'est le décret de Sambi appelant à repousser les élections de juin sur l'île qui est illégal. Bref, pour Bacar le procédurier, l'Union africaine aurait été mieux inspirée de dépêcher des constitutionnalistes et non des soldats sur son île.
« Ce n'est pas avec des bottes et des kalachnikovs que l'on va aider les Comores » déclare encore Mohamed Bacar, se posant comme partisan du dialogue. « Un vrai dialogue », précise Bacar, qui fulmine de ne pas avoir été convié à la table des négociations du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. Le président contesté d'Anjouan est prêt à organiser des élections sur son île dès demain, si et seulement si, des élections sont organisées aussi sur les deux autres iles de l'Union, les Grande Comores et Moeli.
Il appelle aussi de ses voeux une table ronde sur les institutions de l'archipel, mais le président de l'Union, Ahmed Sambi, lui a déjà opposé une fin de non-recevoir sur ces deux questions.
Mais il est peu probable que ces deux avancées parviennent à convaincre les pays de l'UA de faire marche arrière et de rappeler leurs troupes. Bacar dit ne pas être effrayé par l'éventualité d'un débarquement : « Je suis prêt à mourir pour l'intérêt des Anjouanais et des Comoriens » assène-t-il avec un ton aussi déterminé que dramatique, avant d'ajouter :« Les troupes qui débarquent à Anjouan seront considérées comme des envahisseurs et seront traitées comme tels. »
Source: RFI

L'OPERATION COMMANDO, UN COUP MEDIATIQUE?

Posté le 14.03.2008 par habari
Présentée comme une opération réussie d'infiltration à Anjouan, l'incursion cette semaine de militaires de l'AND dans l'île rebelle est surtout un gros coup de chance.

"Un groupe de soldats est entré, le 11 mars, dans la région de Sima, à Anjouan, et a capturé trois membres de la milice de Mohamed Bacar". C'est en ces termes que le lieutenant-colonel Salimou Mohamed Amiri de l'Armée nationale de développement (AND, forces armées de l'Union des Comores) a présenté depuis Mohéli cette opération destinée à tâter le terrain dans l'île sécessionniste. Pourtant, la réalité est plus prosaïque. Car cette brève incursion à Anjouan relève plus du coup de chance que de l'opération commando.

En fait, les soldats de l'AND patrouillaient le long des côtes anjouanaises lorsqu'ils ont aperçu trois miliciens de l'île sur la plage de Sima. L'occasion a fait le larron. Les militaires de l'AND ont accosté et les miliciens anjouanais se sont rendus sans opposer de résistance. Ils ont ensuite été conduits pour y être interrogés à Mohéli, où les soldats comoriens sont rassemblés depuis des semaines en prévision d'une éventuelle intervention à Anjouan avec l'appui de l'Union africaine (UA).

SOURCE: Lettre de l'Océan Indien

Le banc d'essai de l'Union africaine

Posté le 14.03.2008 par habari
L'archipel des Comores, qui a longtemps été le bac à sable du mercenaire français Bob Denard, est en passe de devenir le banc d'essai d'une intervention militaire 100% africaine. Officiellement, deux motifs expliquent l'engagement de quatre pays (Libye, Soudan, Tanzanie et Sénégal) dans une opération armée destinée à mettre au pas le président anjouanais Mohamed Bacar : le rétablissement de l'autorité de l'Union des Comores sur Anjouan et la tenue d'un nouveau scrutin présidentiel dans cette île. Pourtant, c'est surtout le premier élément qui les motive, car au moins deux pays - la Libye et le Soudan - n'ont qu'une vague idée de ce qu'est une élection démocratique.

Paris et Pretoria hors jeu. L'entente diplomatique franco-sud-africaine vantée par le président Nicolas Sarkozy lors de sa récente visite officielle en Afrique du Sud a bu la tasse aux Comores. Paris et Pretoria n'ont cessé d'œuvrer au dialogue entre le président Ahmed Abdallah Sambi et Bacar, mais en vain. La ministre sud-africaine des affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, a su résister bien mieux que l'envoyé spécial de l'Union africaine (UA), Francisco Madeira, aux pressions insistantes de Sambi pour en découvre avec Bacar (LOI nº1217). De son côté, le gouvernement français a tenté jusqu'au bout d'éviter une action armée à Anjouan, même si sa préoccupation première est surtout d'obtenir un pouvoir aux Comores qui soit en mesure d'empêcher les Anjouanais d'émigrer clandestinement dans l'île française de Mayotte. Lorsque les quatre pays africains ont décidé d'y aller sans plus attendre, Paris s'est vu contraint de proposer son aide logistique pour acheminer les contingents militaires à Moroni, tout en traînant les pieds autant qu'il est possible. D'ailleurs à ce jour, le contingent de soldats sénégalais prévu n'est toujours pas à pied d'œuvre à Moroni.

La Tanzanie en pointe. Devenu le chouchou des Etats-Unis, comme l'atteste la récente visite de George W. Bush à Dar es-Salaam, le président Jakaya Kikwete se rêve en leader de l'Afrique faisant la nique au géant sud-africain. La fin du mandat présidentiel de Mbeki en 2009 pourrait lui en donner l'occasion. Il est d'ailleurs déjà intervenu comme médiateur dans le conflit politique au Kenya. Les pays nordiques, toujours très proches de la Tanzanie, ont bien compris les ambitions de Kikwete et le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, lui a fait la courte échelle en le prenant dans la commission Afrique qu'il vient de créer sur le modèle de celle qui avait été mise en place par le premier ministre britannique Tony Blair. Toutefois, au-delà de cette dimension diplomatique, le dirigeant tanzanien partage avec Sambi une même méfiance face au séparatisme insulaire. La Tanzanie a souvent été tiraillée par le délicat débat sur l'autonomie à accorder à Zanzibar, où des velléités de sécession se sont parfois fait sentir chez certains militants de l'opposition.

Solidarité islamique. C'est le soutien financier libyen à Moroni qui a accéléré les préparatifs par Sambi d'une opération militaire à Anjouan. Depuis son arrivée au pouvoir, ce dignitaire musulman formé en Iran lorgne vers les pays islamiques. Il a passé un accord de défense avec l'Iran (LOI nº1202) et a permis à la Khomeini Foundation de s'installer à Moroni. Les cheikhs des pays du Golfe se sont succédés à Moroni et ont promis de financer les quelques grands projets en cours dans l'archipel. La Libye et le Soudan n'ont pas voulu être en reste sur leurs concurrents islamiques et ont trouvé du même coup dans l'action contre le séparatisme anjouanais un bon moyen de damer le pion à la France et à son partenaire diplomatique sud-africain.

Les arrière-pensées de Sambi. Le président comorien craint que le déploiement des forces de l'UA serve seulement à faire pression sur Bacar pour obtenir une solution négociée, tout en l'empêchant d'envoyer l'Armée nationale de développement (AND) faire le coup de feu à Anjouan. Alors qu'il était politiquement isolé à Moroni, Sambi a réussi à faire l'union sacrée derrière lui contre Bacar. Cette ambiance guerrière a même fait passer au second plan les critiques de son vice-président Idi Nadhoim (LOI nº1230). Une victoire militaire sur Bacar lui permettrait de mettre au pas les présidents des deux autres îles autonomes et de modifier ensuite la Constitution pour trouver le moyen de se maintenir au pouvoir.

SOURCE: L.O.I

Déstabiliser Ngazidja pour faire avorter le retour à l'ordre à Anjouan ?

Posté le 14.03.2008 par habari
Semer le désordre en Grande-Comore, y créer l'instabilité pour faire avorter l'intervention militaire projetée pou rétablir l'ordre à Anjouan. Ce sentiment du gouvernement comorien est lisible dans les propos du porte-parole du gouvernement dans son compte-rendu du conseil des ministres de mercredi. Abdouroihim Saïd Bacar a fait état de « manigances qui seraient orchestrées par d'anciens dirigeants du pays soupçonnés être de connivence avec le colonel Mohamed Bacar, le chef de la rébellion anjouanaise.
Le porte-parole du gouvernement a dénoncé des faits qu'il n'a pas cités, taisant les noms de ceux qu'ils indexent comme étant les partenaires embusqués du colonel anjouanais.
D'autres sources proches du gouvernement et sous couvert de l'anonymat font état de communications très intenses voir ici du chef rebelle avec un ancien haut dignitaire de Moroni tandis que dans le sens inverse, un autre haut responsable toujours grand-comorien use, sans compter, le téléphone pour joindre Mohamed Bacar à partir d'un office privé bien implanté dans la capitale fédérale.
« Il est malheureux de constater que les autorités de ce niveau se soient réduites à un rôle d'informateur du chef rebelle », a dit notre interlocuteur, se demandant si elles agissent ainsi pour l'argent distribué par Mohamed Bacar en Grande-Comore dans ses desseins d'entretenir la déstabilisation ou si c'est pour un « autre but encore inavouable ».
Selon les mêmes sources, les récentes inscriptions murales hostiles à la France d'il y a plusieurs jours à Moroni sont l'œuvre de la déstabilisation pour « nuire aux relations entre Paris et Moroni et même entre les îles ». Et notre interlocuteur de rappeler des inscriptions sur le mur d'enceinte de la présidence de l'île autonome de Ngazidja. Ici, les auteurs des inscriptions avaient écrit quelques chose du genre « un Grand-comorien mort à Anjouan vaudra son pesant d'Anjouanais en Grande-Comore » (Citation de mémoire).
Les récentes barricades dressées dans le quartier Caltex à Moroni, dit-on, entrent dans le cadre de ces manœuvres déstabilisatrices. Pendant ce temps, l'And opérant des incursions à Anjouan crée beaucoup d'insomnies au colonel de Dar Nadjah qui, à son tour, multiplie arrestations, viols et tortures.
N'écoutant que son ego, Mohamed Bacar s'enferme dans un refus absolu de discuter. Même si, de temps en temps, il laisse penser à un retour à de meilleurs sentiments en proposant un dialogue inter comorien où il préconiserait l'instauration d'une « confédération comorienne »


Source : Al-watwan N° 1035 du 14 au 20 mars 2008

déception des autorités de l'union

Posté le 14.03.2008 par habari
JOHANNESBURG, 14 mars 2008 (IRIN) - Le gouvernement des Comores s'est dit « déçu » d'apprendre que le président sud-africain Thabo Mbeki s'opposait à toute solution militaire pour mettre fin à la crise qui oppose les autorités d'Anjouan à celles des deux autres îles comoriennes de l'archipel de l'Océan indien.

Cette crise couve depuis juin 2007, après la tenue des élections nationales. Invoquant des irrégularités et des actes d'intimidation lors de la campagne électorale, le gouvernement de l'Union et l'Union africaine (UA) avaient décidé de reporter les élections à Anjouan. Défiant le report du scrutin, Mohamed Bacar, président et homme fort de l'île, avait fait imprimer ses propres bulletins de vote et avait organisé des élections, qu'il avait par ailleurs largement remportées.

La crise électorale a paralysé le gouvernement de l'Union des Comores et fait resurgir toute l'instabilité politique qui a marqué l'histoire de ce pays depuis son indépendance de la France, en 1975 ; le petit archipel a en effet connu 19 coups d'Etat et tentatives de coup d'Etat.

Le système électoral complexe de l'archipel des Comores prévoit un gouvernement semi-autonome et un président pour chacune des îles - Anjouan, la Grande Comore et Mohéli – ainsi qu'une présidence tournante pour le gouvernement de l'Union des Comores.

Le 12 mars, M. Mbeki aurait déclaré à une agence de presse internationale que M. Bacar lui aurait adressé un courrier pour l'informer qu'il était prêt à organiser de nouvelles élections dès le mois de mai prochain.

« Je pense que c'est vraiment vers cette voie que nous devons aller. Je ne crois pas qu'on ait besoin de faire autre chose que cela », a déclaré M. Mbeki à l'agence de presse, à l'issue d'une visite officielle à l'île Maurice dans l'Océan indien.

En réponse aux observations de M. Mbeki, Abdourahime Said Bakar porte-parole du gouvernement de l'Union et ministre de l'Education, a déclaré à IRIN : « Nous sommes un peu déçus parce que l'UA a décidé qu'il n'y avait pas d'alternative à la solution militaire et que l'Afrique du Sud a choisi maintenant de revenir sur cette décision ».

La solution militaire est inévitable

Selon M. Bakar, la communauté internationale reconnaît unanimement que Mohamed Bacar est un rebelle : « Comment donc peut-on dire aujourd'hui qu'il est possible de s'asseoir et de dialoguer avec lui ? [...] Il y a quelques semaines, on lui avait offert une sortie honorable [au cours d'une réunion avec des négociateurs internationaux], mais il l'a refusée. Nous rétablirons l'autorité du gouvernement de l'Union dans l'île d'Anjouan et nous nous assiérons ensuite pour dialoguer après les élections ».

Quelque 3 000 personnes ont fui l'île depuis que Mohamed Bacar y a instauré sa « dictature », a-t-il affirmé, et selon certaines informations, des hommes et des femmes sur l'île seraient victimes de torture et de viols.

M. Bakar a par ailleurs indiqué qu'une vingtaine de gendarmes de M. Mohamed Bacar, formés par la France, avaient déserté pour rejoindre les forces gouvernementales de l'Union et leur avaient fourni de précieux renseignements.

Lors de la récente visite du correspondant d'IRIN sur l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar lui avait déclaré : « La première fois [en 1997] que l'armée est intervenue, nous l'avons boutée hors de l'île. La deuxième fois [en mai 2007], elle a aussi été battue. Cela signifie que si elle tente d'intervenir une troisième fois, elle sera encore battue ».

Arrivé au pouvoir à la faveur du coup d'Etat de 2001, M. Bacar dirige un groupe de gendarmes bien armés qui compterait environ 500 hommes – un effectif comparable à celui des forces gouvernementales de l'Union – et de l'avis général, toute solution militaire nécessitera l'intervention de forces étrangères.

L'UA a approuvé le déploiement d'une force militaire pour renverser M. Bacar. Une force militaire panafricaine d'environ 2 000 hommes, composée de contingents des Comores, de la Tanzanie, du Soudan et du Sénégal, et bénéficiant du soutien logistique de la Libye, est actuellement regroupée à Mohéli, l'île la plus proche d'Anjouan, en prévision des offensives maritime et aérienne.

Les Etats-Unis ont également offert un soutien logistique et une assistance en matière de renseignements.

Quant à Opia Kumah, Coordinateur résident des Nations Unies aux Comores, il a indiqué à IRIN que les Nations Unies, qui interviennent dans le pays dans le cadre d'une mission de développement, avaient « renforcé » leurs opérations depuis février 2008.

Des experts du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont été dépêchés sur place pour faciliter les opérations humanitaires menées dans le sillage d'une action militaire, ainsi que des personnels du Programme alimentaire mondial (PAM), du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et de l'Organisation mondiale de la santé.

Pour M. Kumah, les agences des Nations Unies, qui se préparent à faire face à des déplacements internes et interinsulaires, ont prévu des tentes, des médicaments, ainsi que des provisions de nourriture, d'eau et de matériels sanitaires.

source : google news /IRN

toutes les troupes africaines aux Comores d'ici à dimanche

Posté le 14.03.2008 par habari
FOMBONI (Comores) - Toutes les troupes africaines devant participer aux Comores à une opération militaire contre les dirigeants de l'île d'Anjouan seront arrivées dans l'archipel "d'ici à dimanche", a déclaré vendredi à l'AFP l'envoyé spécial de l'Union africaine (UA) aux Comores.

"Les troupes de Tanzanie et du Soudan ont déjà commencé à arriver à Moroni. Le commandant des forces de la coalition de l'UA, le général tanzanien Igoti, est arrivé aujourd'hui (vendredi), et je peux vous assurer que toutes nos troupes seront arrivées d'ici à dimanche", a déclaré José Francisco Madeira.

"Nous allons reprendre le contrôle de l'île d'Anjouan, M. (Mohamed) Bacar, s'il résiste ou essaye de répondre, ne nous échappera pas. Si on met la main sur lui, il sera jugé comme criminel de guerre", a ajouté le diplomate.

La Tanzanie, le Sénégal, le Soudan et la Libye se sont engagés à fournir des troupes pour cette intervention.

L'armée comorienne comprend 1.060 hommes (gendarmes et militaires), dont environ 400 se trouvent déjà à Mohéli, à une heure de mer d'Anjouan.

Mohamed Bacar dispose de 300 hommes et l'opération commune de l'armée comorienne et des contingents de l'UA devrait compter 1.800 soldats, a indiqué vendredi le ministre tanzanien des Affaires étrangères Bernard Membe.

L'UA a décidé de soutenir militairement une opération du gouvernement de l'Union pour démettre le colonel Bacar, qui dirige Anjouan depuis mars 2002, mais dont la réélection en juillet 2007 n'est reconnue ni par l'Union des Comores, dirigée par Ahmed Abdallah Sambi, ni par l'UA.

Concernant les risques de pertes en vies civiles lors de l'opération, M. Madeira a estimé que "si M. Bacar ne résiste pas, il n'y aura pas de guerre. Si on laisse la situation comme cela c'est la population d'Anjouan elle-même qui risque de s'occuper de Mohamed Bacar, car sans ses gendarmes il n'est rien. Il n'est plus populaire, alors nous pourrons aussi le protéger".

"Nous nous devons être là, à Anjouan pour organiser les élections. Une autorité intérimaire sera mise en place par l'Union des Comores pour cela dès que nous serons déployés et l'île sécurisée", a-t-il ajouté sans donner de calendrier précis pour ce nouveau scrutin.

L'Union des Comores est secouée depuis des années par des conflits de compétence entre les trois îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli), dotées chacune de leurs propres institutions, et l'Etat fédéral.

Anjouan avait fait sécession en 1997, avant de rentrer dans le giron des Comores fin 2001.

(©AFP / 14 mars 2008 15h10)
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